Outrages mécaniques

Chronique du livre Steak Machine, de Geoffrey Le Guilcher.

Vous cherchez une lecture parfaite pour alimenter les soirées frissons au coin du feu encore mieux qu’une des histoires de Pierre Bellemare ? Vous avez toujours rêvé de passer de l’autre côté du couteau?

Geoffrey Le Guilcher l’a fait. Afin de mieux comprendre son propre rapport aux animaux de passage dans son assiette, et ce qui est en jeu dans un abattoir: comment on vient à y travailler, comment on y survit, l’auteur s’est fait enrôler pour plusieurs mois en immersion dans le petit monde d’un grand abattoir breton.

Si l’histoire est fictive, tout est réel, chaque personnage inspiré très fortement par sa version de chair et d’os *irl*. Dans ce petit ouvrage bien (d)écrit, sobre, qui ne détonne pas avec celui qu’on retrouve aux Inrocks, il raconte. L’embauche, et l’intégration, pas si simple avec un physique d’intello aux mains trop propres, les dérives et les débrouilles, la drogue, le sang, la chaleur, le danger quasi-permanent, la pression du rendement, les corps cassés et à cran, l’alcool, les paradis artificiels, la fraternité et les petits arrangements, les combats de petits coqs. Et ces animaux fantômes, au corps mutilés,qu’on oublierait presque tellement ils sont cachés juste sous notre nez, désincarnés, découpés un bout de peau à la fois, comme du fait de personne, mais dont la lourdeur des corps et les accidents de chaine rappellent l’existence niée et odorante.

J’aurais aimé lire leur résistance face aux couteaux.

J’aurais aimé lire sa souffrance, son déni, sa colère, son *stop* face à l’absurdité du vol des vies.

Mais la bouverie, ce lieu où on transforme en viande un être vivant en quelques secondes et litres de sang, ce lieu que seules des assos comme L214 et 269 life ont l’audace de filmer (oh, les vaches!) et de montrer (au péril de leur liberté, en toute illégalité), est confiné comme un lieu sacré. Il ne faudrait pas qu’on puisse voir ou entendre ce qu’il s’y passe.

Même dans un abattoir, le sang, ça fait tache.

 

PS : rendez-vous pris pour le 26 septembre. Où que vous soyez.

 

Et les animaux, dans cette histoire?

Chronique du livre Le point de vue animal, une autre version de l’histoire, d’Eric Baratay.

Vous êtes vous déjà demandés à quoi ressemblerait l’histoire, telle qu’elle est aujourd’hui racontée, du point de vue des vainqueurs (temporaires ou non), des dominants?

Nombreux sont les historiens qui épluchent des archives retraçant en filigrane l’histoire des humains assujettis ou opprimés.

Eric Baratay,  professeur d’histoire contemporaine à l’Université Lyon III, se penche depuis plus de vingt ans sur l’histoire de ceux qui viennent en dernier, les peuples auxquels on n’est, en occident, plus du tout éduqués à penser depuis que l’Eglise est passée par là : les animaux non humains.

Ce livre est dur, et passionnant. C’est un travail de Champollion, ni plus ni moins. A travers des documents relatant des problèmes liés aux conditions de vie des animaux, l’auteur va chercher ce qui est écrit sans l’être : la coopération et les résistances, dans cette histoire inextricable de la notre qu’est celle de la domestication.

Il décrit la vie des chevaux dans les mines, ou à Paris, quelle compréhension on avait, au cours des siècles précédents, de leurs comportements, les chiens et les chevaux confrontés à la guerre, les refus des vaches de vivre seules et sans leurs compagnes, ce qu’elles acceptent de manger, comment on les a fait tellement changer qu’aujourd’hui, elles ont des corps dépendants.

Si tout ce qu’il nous reste d’autrefois est centré sur l’humain, Eric Baratay, dans cet ouvrage, retrouve et décrit avec minutie l’histoire de ces autres peuples terriens, et leur rend une histoire dont ils sont partie prenante, en hommage.

De cette lecture, on ressort plus humble, témoin de ces résistences non dites, de ces gestes de compassion inter-espèces, empli(e) de nouveaux questionnements.

Je vous laisse avec les excellents Enablers :

https://enablers.bandcamp.com/track/look

Biscuits crus à l’okara

Les laits végétaux, ou boissons végétales puisqu’il y a dilemme quant à l’utilisation du nom du liquide au blanc si trompeur, sont de délicieuses bombes nutritionnelles.

Très faciles à réaliser -100 g de noix (amandes, noisettes, châtaignes, noix de Grenoble, du Brésil, de pécan, de cajou, de macadamia…) ou de graines (tournesol, courge, sésame…) de votre choix pour 1 litre d’eau que l’on filtrera ensuite pour récupérer d’une part le liquide blanc, d’autre part l’okara, c’est à dire la « pulpe » restante, bourrée de fibres et de minéraux.

Mais que faire de cet okara?

Il est simple à utiliser en pâtisserie, il donne du fluff à toutes les recettes de biscuits ou gâteaux. Cookies, cakes, muffins…MIAM.

Dans une version plus healthy, il peut aussi servir à réaliser des petits biscuits crus, délicieux, et sains si on ne s’enfile pas la fournée, ce qui est lus facile à lire qu’à faire, patience, vous verrez.

Voici une recette inratable (mais nécessitant un déshydrateur*, ou un four capable de chauffer à 30 °C) ainsi qu’un mixeur (ça se tente avec pilon et mortier, mais c’est plus long.)

Ingrédients :

  • l’okara d’ 1 litre de lait d’amandes (ou autres fruits secs) réalisé avec 100g de noix
  • 125 g de dattes Déglet-nour
  • 100g de noix (ou autre fruit sec!)
  1. Mixer les dattes et les noix (ça peut prendre un moment si le mixeur n’est pas puissant). Je recommande de les mixer ensemble car mixer des dattes n’est pas évident (à moins de le faire au super blender) : ça colle un peu. Sincèrement, on peut même finir d’écrabouiller avec les doigts, et ça fait des pépites sympa si tout n’est pas complètement uniforme.
  2. Dans un bol, mélanger avec l’okara.
  3. Former des petits tas en forme de cookies et mettre au déshydrateur (regarder les instructions), ou au four à 30 °C (pour garder les propriétés nutritionnelles) pendant 2 à 4 heures selon le croquant désiré. Bien déshydratés, les biscuits crus se conservent plus longtemps. Nous, on les aime bien moelleux aussi. 1h30-2 h suffisent.

Régalez-vous.

Notes :

On peut parfumer les biscuits crus comme des biscuits cuits (hihi) avec du mixed spice, de la cannelle, de l’anis, du gingembre, des graines, du cacao cru, d’autres fruits secs que les dattes, des écorces d’orange, des huiles essentielles…

Merci à toutes les chouettes blogueuses dont la lecture des recettes m’a donné cette idée!

https://filiamotsa.bandcamp.com/track/madsummer-midness

 

*L’okara, étant humide, peut s’abimer assez vite. Il se conserve néanmoins 24 h au réfrigérateur, ou peut se congeler si on n’a pas le temps de s’en occuper tout de suite.

 

 

 

Lait d’amandes au curcuma

Anti-cancer, anti-inflammatoire, healthy à souhait et couleur soleil d’or sur la langue garantie, le lait d’amandes au curcuma, c’est la boisson chouchou du petit-déj pour faire des grimaces funky. Et c’est très facile!

Il te faudra un mixeur (ou au pire, un pilon et un mortier, ou un presse-ail) et une petite passoire à thé, ou un petit chinois, si tu es équipé(e).

Ingrédients :

  • une tasse de lait d’amandes (25-30 cl)
  • 2-3 cm de curcuma frais*
  • du poivre noir**, de la cannelle, une pointe de cardamome, un petit morceau de gingembre…(optionnels!)
  • un peu de sirop d’agave ou de sirop d’érable (optionnels)
  1. Mixe (ou écrase avec un presse-ail/pilon et mélange ensuite) le curcuma, et les autres ingrédients s’il y en a, avec le lait d’amandes (frais et fait maison, c’est meilleur, plus sain, et bien moins cher!***).
  2. Filtre avec une petite passoire fine pour récupérer les fibres.

Belle journée ! (Je vous laisse en bonne compagnie avec Chad Vangaalen, un de mes chouchous, et son dernier bébé. Allez-voir!)

*A moins de kiffer secrètement le look de Marge Simpson, attention à ne pas manipuler trop avec les doigts, c’est très pigmenté, le curcuma…

**le poivre noir favorise l’absorption des principes actifs du curcuma

***2,20 euros contre 4 euros environ pour une qualité comparable (sans sucres ajoutés, avec juste de l’eau et des amandes comme celui de La Mandorle, qui très chouette) et sans le packaging.

Cookies chocolat-châtaigne (vegan, sans gluten)

Les jours où il fait gris souris (souris!) un (ou deux) petits cookies ne font pas de mal au moral (ni au ventre, on se comprend, parfois, toi et moi).

Voici une recette très simple et à croquer (littéralement) (dès la sortie du four, en fait!).

Ingrédients pour une douzaine de beaux cookies ultra gourmands :

A mesurer dans un verre doseur, désolée je n’ai plus de balance, il suffit de lire les graduations, ça fonctionne très bien :

  • 150g de farine de riz complet* (lus sur les graduations farine de blé)
  • 100 g de farine de châtaigne* (idem)
  • 50 g de sucre de canne (lus sur les indications sucre)
  • 2 cuillers à café de farine de graines de guar** (optionnel)
  • 1 sachet de levure sans gluten* (7g)
  • 10 cl d’huile d’olive (option sans huile dans les commentaires)
  • 100 g de chocolat noir à dessert, mixé en tout petits morceaux (ou 100g de pépites)
  • 10 noix du Brésil**, ou autres noix (optionnel), coupées grossièrement en petits morceaux
  • 1 pincée de vanille** en poudre ou 1 sachet de sucre vanillé (optionnel)
  • 1 verre de lait d’amandes*** (ou soja, ou avoine)
  • 1 cuiller à soupe de vinaigre de cidre

 

  1. Préchauffer le four à 200°C. Dans un saladier, mélanger tous les ingrédients secs (farines, sucre, levure, vanille), ajouter la boisson végétale et l’huile, le vinaigre de cidre, le chocolat, les noix, mélanger.
  2. Partage la pâte en 12 boules. Etale-les grossièrement en les espaçant sur une feuille de cuisson, (réutilisable si tu as, c’est plus écologique, mais si t’en as pas ça marche aussi et tu sauras pour la prochaine fois).
  3. Et c’est parti pour environ 15 minutes au four. Si tu aimes les cookies plus moelleux que croquants, tu peux réduire de quelques minutes. Attention cependant : sans gluten, les pâtisseries ont tendance à être plus friables, donc ça peut être coton si c’est trop mou.
  4. Sors du four et…croque un bout, tu verras le gris c’est vachement beau, d’un coup!

Notes :

Cette recette est « semi » healthy puisque les teneurs en huile et en sucre sont réduites. Cependant, il est possible de remplacer l’huile par l’okara restant d’1 litre de lait d’amandes (voir plus bas), auquel cas les cookies auront une texture moins croquante, très moelleuse, sans adjonction de gras. A l’inverse, il est possible d’augmenter le sucre à 80, voire 100g, mais la châtaigne ayant déjà un goût sucré prononcé, c’est à tester selon tes papilles.

*trouvables en magasins bio et au rayon diététique des grandes surfaces

**trouvables en magasin bio, au rayon sans gluten pour la farine de graines de guar

***Lait d’amandes maison : 100 g d’amandes*/** mises à tremper une nuit et rincées, mixées avec 1 litre (on commence avec un seul verre!) d’eau de source ou filtrée, puis filtrées avec une passoire fine (à thé, un chinois, etc.) La pulpe filtrée, c’est l’okara. Qui peut remplacer l’huile dans tes cookies aussi, tu vois!

Bisous, et régale-toi!

 

The little goat [2]

Suddenly, she froze, still. She thought she could hear footsteps approaching, but nothing like the happy, playfull steps of her dear baby boy. Her heart leapt for a split second but she started and tried to reach for him even before she could  feel scared.

But before she could do that, my dear, she came face to face with the strangest of creatures. For never had she met any human beings yet, so consider how much of a surprise it could have been when her weary eyes caught the glimpse of two brown legs, bare, whose hoves looked pretty strange altogether. Continuer à lire … « The little goat [2] »